Sexe
Fragment #1
L'immémoriale scission (modalité distransitive) du sexe (substantif bivalent), ou
l'instante unité de la division (bivalence monovalente), déchire la totalité des voiles
(re-présentations), sans que, de la démultiplication générique (nombre) ne se
dévoille la substantielle sécrétion (essence) de la masse informulée de la vie qui
est déjà le même (propre) et l'autre (différent), et qui insatiable (déterminant), se
dédouble encore par sa propre formulation (signification) _ Se formulant, la sécré-
tion redouble fatalement l'indivisible union qu'elle est, informulable. Mais la redou-
blant, elle la déplace (supra sens)
Fragment #2
Le sexe a un sens aigu du sexe (infra sens). Il est en soi sans oubli. Sa mémoire
sélective se fait toujours à la faveur de la propagation du sexe (procréation). Le fil
ténu de l'érection et de la mouille du déterminisme (sens), qui est l'union essentielle
de sa propre division (inhérente), satisfait à l'insatiable répétition de son acte, toujours
individuel, qui le diversifie, et dont la simplicité chimique des gestes n'est rien de plus
que l'impitoyable lutte de la survie génétique d'un ADN (substance) au moyen des
spermatozoides et des ovules (cellules), dont le sexe se souvient toujours. Cette puis-
sance organique suffit au sexe (Nature).
Fragment #3
union-division
mâle-femelle (fragments organiques)
Fragment #4
L'ensemble élémentaire indivisible (le fragment organique), déjà entier dès sa naissance
individuelle (possibilités en puissance), est la double identité native de cette bivalence de
l'organe essentiel (le multiple individual). Séparé, double, quoiqu'inséparable dans le sexe.
En tant que tel, il n'est que l'apparition naturelle, nécessaire _ prédéterminé à reproduire cette
puissance mnémonique indéfinie et infaillible, dont il jouit et il souffre, et qui n'est autre que
le sexe (espèce).
Fragment #5
Le sexe organique est la réunion essentielle, nécessaire, universelle, de sa division et de son
union, hors de tout oubli (reproduction).
Fragment #6
Le fragment individual organique (mâle-femelle), est quant à lui comme prédestiné, selon
quelque puissance native obscure inhérente à sa substance (ADN), à (re)formuler aléatoi-
rement (inorganiquement) l'identité différentielle de l'acte (cultures). Bien qu'il n'annonce pas
d'autre prophétie que l'entre deux des entre-autres, il déplace l'acte, transfigurant sans fin le
sexe (substantif) au moyen d'une rupture et d'une ligature, en une césure universelle (frag-
ment inorganique).
Fragment #7
union-séparation
mâle-femelle
rupture-ligature
masculin-féminin (césure inorganique)
Fragment #8
En la césure, née du sexe, l'acte et le sexe sont coexistants (co-déterminants).
Fragment #9
sexe-césure
infra sens-supra sens
Fragment #10
De la césure au culte _ tout l'arbitraire, tout l'accident, tout le miracle (création).
Fragment #11
Les totems (transfigurations érigées en culte) _ première virgule de l'humanité?
Fragment #12
Noire blancheur du fragment (in)organique, dont l'expérience individuelle (somme
nécessaire des accidents) passe par le sexe, et pour qui toute signification a pour
centre psychique le sexe (vie-mort).
Fragment #13
Environnements. Contextes. Textes. Interactions.
Fragment #14
Le fragment in-organique (Il ou Elle) multiplie les propositions (ils multiplient) en
inventant une mémoire collective (transmission) qui le définit, et qu'il ne peut pas
définir, et qui n'est jamais que la dé-multiplication de l'acte (peuples ou peuplades)
qui définit (connaissance). Une telle démultiplication n'a pas le souvenir de sa césure
originelle. Mais elle ne se limite pas à l'immémoriale scission du sexe. Elle divise
l'obscurité de l'origine dans un trou noir qui est l'image d'un oubli qui se sépare du
sexe, et que le même et l'autre agencent telle la diversité des dénominations et des
classifications (représentations), que n'attend pas le sexe.
Fragment #15
L'oubli est-il plus que l'accident historique (psychologie) opéré dans le voisinage du
sexe transfiguré césure totémique?
Fragment #16
La césure, séparée de tout totem (et de tout tabou), n'est que la crise d'un transport,
dont l'idée immanente déploie la puissance exponentielle, exp(e)nsive et kaléidoscopique
des perspectives (individuelles-collectives) bornées (relatives) à graviter dans le trou noir
du sexe (absolu).
Fragment #17
Sans l'avoir attendu, le sexe aurait immémorialement désiré la crise forcenée de sa
césure, bien plus prompte à rompre et se déchirer que le sexe, sans qui elle ne sau-
rait être.
Fragment #18
Par la somme de ses efforts (multiplicité), la césure (unité) dépasse le temps du sexe
qui la désire (conjugaisons), et qui la désirant, la dépasse toujours sans jamais l'attendre.
Fragment #19
Plus l'effort se concentre sur le temps de l'effort, et plus le rythme du désir bouleverse
l'effort.
Fragment #20
De l'instable puissance de l'impulsion native, s'est imposée en acte la discontinuité
des mémoires universelles (civilisations), qui intégrant leurs diverses crises (histoire),
composent la terrifiante monstruosité du sexe et des césures. Mais le sexe reproduit
inéluctablement l'incessant rappel de sa décomposition, jusqu'à la césure de l'anéan-
tissement de toute césure (oubli).
Fragment #21
sélection naturelle (gènes)-sélection artificielle (idées).
Fragment #22
Le sexe est devenu chez l'homme un agent originel et polyvalent, qui s'est élevé dans
l'atmosphère, au dessus de son jet vital, en réinventant sa copulation primaire. Et tous
les accouplements du pensable et de l'impensable s'y engouffrent en violant la conscience
dans sa condition de superstition déflorée. Cette défloraison, cruciale, inhérente, indispen-
sable, est la pensée virginale de l'homme.
Fragment #23
L'immanence et la transcendance fouettent énergiquement la césure in-organique
(rupture-ligature), se disputant l'espace d'une totalité universelle et infinie (sélection
naturelle-sélection artificielle) qu'elles ne peuvent ni vérifier ni infirmer. Tout l'espace
de la durée incandescente de la langue s'y consume jusqu'à l'obscurité, ne reprodui-
sant jamais qu'une seule et même contradiction. Celle de la séparation radicale du
sexe inorganique, entre le sexe de l'esprit (supra sens) qui prétend s'incarner, et le
sexe du corps qui croit se spiritualiser (infra sens-supra sens). Cette séparation sur-
dimensionnée du sexe n'est plus le sexe des hommes et des femmes. C'est l'anomalie
du sexe de Dieu.
Fragment #24
Césure du divin (immanent ( ) transcendant), séparée (de) unie (à) la somme des
fragments in-organiques. Césure des fragments in-organiques séparée (de) unie
(à) l'immémoriale scission du sexe. Césure du sexe et du divin (césure de la césure).
Sexe de Dieu (monstruosité) qui est aussi le trou du cul du Néant (énormité). Et le
sexe qui n'était que le sexe est devenu le problème de l'Etre dans le sexe (sens),
dont les velléités divines de l'organe n'ont pas pu ne pas crapuler dans le trou de
Néant de l'Etre (non sens), que n'est pas l'Etre. Car l'être humain n'a pas su se con-
tenter d'être et de foutre. Il lui a fallu y penser. Il lui a fallu s'adonner aux partouzes
obscènes de l'imaginaire et de la mémoire, et ce jusqu'à inventer une réminiscence
qui l'a tant asphixié qu'il a fini par se jeter dans l'oubli, afin de pouvoir à nouveau
respirer. Et bien que tout ceci, pour se reproduire, ne repose jamais en définitive
que sur un acte fondamental, l'accouplement individual, la méiose s'est universelle-
ment développée jusqu'à l'obscure idée de l'infini, nous confinant, avec ou sans Dieu,
dans une cellule infime, la connaissance, qui n'est autre que la représentation du
sexe devenu un théâtre intégral.