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Les juifs, contrairement aux grecs, n’ont pas originellement mesuré le caractère ambigu
de l’écriture. L’inspiration prophétique est d’emblée vérité et lumière divine. Le mensonge
et les ténèbres sont d’emblée du côté de Satan. Le clair-osbcur du daïmon n’est pas pensé
en tant que tel. Il est constamment enveloppé dans la mise à l’épreuve de la Foi, où Dieu et
Satan sont toujours déjà séparés. Dieu est le Salut. Satan la perte. La ciguë socratique, en
laquelle Platon mesure l’ambiguité du Pharmakon, où, à travers le Muthos et le Logos, l’écriture
est à la fois remède et poison, demeure étrangère aux écrits hébraïques. Et pourtant, la ciguë
est dans le Graal, dès la prophétie de la venue du messie par Moise, qui sépare aujourd’hui
encore Judaisme et Christiannisme. Cette séparation, l’Islam n’a fait que la déplacer sans la
résoudre. Partant tous de la divination “L’Un est l’Un”, ces trois monothéismes dominants la
divisent irrémédiablement, déployant non pas l’unité de l’Un, mais sa multiplicité conflictuelle.