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Publié le par Eric Valnerbauch

Par le chemin de croix jusqu’à la crucifixion (la passion et le sacrifice de Jésus),

la pensée découvre une symbolique de la divination du silence de l’Infini (abandon

du Fils, qui est abandon de tous les enfants). Cette découverte a un prix : sa chute

tragique dans le martyr de sa mortalité, et ce, sans pouvoir fixer son zéro absolu

(orphelinat de l’oubli?), en laquelle il lui faut ressusciter. Si elle ressuscite lyrique,

habitée par une foi naïve, elle demeure agenouillée sous la croix, en laquelle elle

peut transférer son propre chemin de croix, singulier, croyant avoir trouvé à travers

le Fils le soutien du Père. Si elle ressuscite épique, habitée par une foi héroïque,

elle devient prédicative (prêche ou croisade) au nom du Père et du Fils. Si elle ressuscite

tragique, hantée par un déchirement de la foi, elle porte elle-même sa croix, et demeure

soumise à une terrible alternative : renaître mystique, ou demeurer orpheline. Dans ces

trois tensions essentielles, la vie de l’esprit est alors la vie qui supporte la mort (Hegel).

Dans ces trois tensions, le poétique semble nous lier à l’immémorial et à l’impossible,

alors que le religieux ne nous relie qu’à l’ancestral.

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