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Publié le par Eric Valnerbauch

La venue du  poète,  qui  s’est déjà maintes fois faite jour à travers tes obscurs, nonobstant des éclipses dont tu ne songerais plus à traverser les persistances comme si un purgatoire, c’est aujourd’hui un baiser que tu préfères dérober à la sauvette. Enfant sans le sou, tu chapardes incognito le fruit de ton désir, t’écartes et t’isoles un battement de cils, et dévores l’affirmation de ton forfait,  comme un trésor. Les sucs toujours à la faveur du poème, le trognon pour toi seul. Le chemin qu’il te reste à parcourir, cette part d’inconnu qu’il te reste à éprouver, demeurent énigmatiques, aussi insaisissables que le nom de poète, que les caprices jaloux d’une vie secrète peuvent te reprendre à tout moment. Quiconque croit  recueillir ce bourgeon, aussi inconditionnel que facultatif, par le bon bout, se trompe.

Publié dans Eloge de la Rouille

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