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Publié le par Eric Valnerbauch

Défaite de toutes choses
défaites en nos défaites,
Défaite saine !
Qui n’appartient à aucun,
qui n’appartient à Personne,
Tu ne désespères,
En ta souveraine hantise,
Ni du plus haut ni du plus bas,
Puisqu’en tout lieu,
Tu prodigues chaque jour la preuve
De ton épreuve sans preuves.
Et tous tressaillent, au plus « intime »,
Dès  l’idée de leur chute,
Car nul pouvoir de guérison
n’a prise ici,
Sinon le placebo,
Sinon le nocebo*.

*Placebo, du latin placebo « Je plairai », et nocebo, du latin nocebo « Je nuirai ». Placebo et nocebo sont ici utilisés à la fois dans leur sens étymologique, et dans leur sens d’effet positif ou nuisible d’une substance sans principe actif. Ce que ce poème met en abîme, c’est le phénomène psychique de confiance ou de croyance dans la toute-puissance du Verbe (au sens religieux du terme), en jouant, par suggestion, sur la gamme de l’ambiguïté du Pharmakon grec, qui peut aussi bien signifier remède que poison. Le Verbe poétique accepte ici sa condition de rituel fictif, derrière Qui ne se tient Personne, et célèbre la santé dans l’acceptation naturelle de la Vie, en refusant, par l’éloge de la rouille, la contamination des anciens récits. Le principe actif de la rouille est purificateur. Une telle purification est évidement elle-même sujette à l’ambiguïté du pharmakon.

Publié dans Eloge de la Rouille

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